La Philharmonie d’État d’Azerbaïdjan a offert au public une soirée musicale d’une rare intensité, entièrement consacrée à l’œuvre de Sergueï Rachmaninov, figure majeure de la musique du XXᵉ siècle. Le programme, soigneusement construit, proposait un parcours complet à travers les différentes périodes créatives du compositeur, révélant autant sa virtuosité que sa profondeur introspective.
L’auditoire a ainsi pu redécouvrir un large éventail de pièces pour piano : préludes, études-tableaux, moments musicaux, élégie et variations. Une mosaïque qui souligne les traits caractéristiques de l’écriture rachmaninovienne — lyrisme ample, tension dramatique, architecture sonore d’une grande finesse.
Sur scène, cinq pianistes talentueux se sont succédé : Aynur Abdullayeva, Fagan Hasanli, Aysel Hajizada, Firuza Najafli-Gadimalieva et Nargiz Kangarli. Chacun a apporté sa propre lecture, oscillant entre gravité et éclat virtuose, sans jamais trahir l’esprit du compositeur.
Parmi les œuvres qui ont particulièrement retenu l’attention, les « Variations sur un thème de Corelli », Op. 42, ont impressionné par leur exigence technique et leur construction d’une rigueur presque architecturale. Le diptyque « Barcarolle et Scherzo », extrait des Six pièces, a également suscité un vif intérêt, tant par son élégance que par son souffle romantique.
De bout en bout, la soirée a plongé la salle dans l’univers émotionnel si particulier de Rachmaninov : mélancolie lumineuse, intensité expressive, puissance narrative. Un voyage intérieur plus qu’un simple concert, qui a rappelé combien la musique du compositeur demeure, un siècle plus tard, profondément contemporaine.











