Le ministre d’État britannique : Londres et Bakou portent des ambitions communes en matière de coopération de défense — Entretien exclusif

Selon GNN, basé sur les analyses de l’agence Report, le ministre d’État britannique chargé de la défense, Lord Vernon Coaker, a effectué une visite officielle en Azerbaïdjan le 4 décembre 2025. Au cours de son déplacement, il a tenu plusieurs réunions consacrées au partenariat stratégique entre les deux pays, dont la dimension sécuritaire constitue désormais un pilier majeur.

Dans un entretien exclusif accordé à Report, le ministre est revenu sur l’état actuel de la coopération de défense entre le Royaume-Uni et l’Azerbaïdjan, évoquant un niveau d’interaction élevé et une confiance mutuelle consolidée. Il a détaillé les axes prioritaires du partenariat : formation militaire professionnelle, programmes de formation conjoints, échanges d’expertise, et développement de l’industrie de défense.

« Une coopération réellement solide et dynamique »

Comment qualifier la coopération militaire actuelle après la levée par Londres de l’embargo sur les armes à destination de l’Azerbaïdjan en octobre 2025 ?

« La coopération de défense entre le Royaume-Uni et l’Azerbaïdjan est véritablement solide et dynamique. Nos relations sont très étroites et nous collaborons activement dans de nombreux domaines.

Le programme de formation militaire se poursuit : des militaires azerbaïdjanais s’entraînent aux côtés de soldats britanniques, et nous assurons également des cours d’anglais technique. Cette coopération avance avec succès. Certains de nos instructeurs se rendent aussi en Azerbaïdjan pour participer aux formations. J’ai d’ailleurs assisté à une cérémonie de remise de diplômes d’un groupe de jeunes officiers azerbaïdjanais : un moment important et symbolique. »

Le ministre rappelle qu’en mars dernier, Londres a nommé son premier attaché de défense résident à Bakou, et qu’en octobre 2025, les deux parties ont signé à Londres le programme de coopération de défense « le plus ambitieux jamais conclu entre les deux pays ».

« Lors de ma visite, j’ai rencontré le Président Ilham Aliyev. L’entretien fut très positif et a permis de confirmer les priorités de ce nouveau programme ambitieux. »

Nouvelles opportunités pour la coopération bilatérale

Comment voyez-vous les perspectives de coopération entre Londres et Bakou ?

« La levée de l’embargo constitue un tournant : elle ouvre la voie à une coopération industrielle en matière de défense. Nous pouvons désormais examiner les domaines dans lesquels travailler ensemble, les technologies susceptibles d’être fournies au Royaume-Uni, ou les systèmes de défense que le Royaume-Uni pourrait proposer à l’Azerbaïdjan selon ses besoins. »

Les discussions ont également porté sur la sécurité en mer Caspienne et la protection des infrastructures critiques, un secteur où Londres et Bakou envisagent d’élargir leur coopération maritime.

« Nous parlons d’un partenariat d’égal à égal, entre deux pays qui se soutiennent mutuellement et œuvrent pour une sécurité commune. C’est dans cet esprit que nous avançons. »

Vers un partenariat stratégique ?

Interrogé sur les prochaines étapes concrètes, Lord Coaker souligne l’implication personnelle du président Ilham Aliyev et du Premier ministre britannique Keir Starmer.

« Leur engagement démontre notre volonté commune d’entrer rapidement dans une phase de partenariat stratégique. La défense y joue un rôle essentiel. Nous travaillons à élargir les programmes de formation professionnelle, les initiatives éducatives, et l’enseignement de l’anglais militaire. Nous sommes également engagés dans un dialogue sur les cybermenaces qui touchent nos deux pays, ainsi que sur de potentielles coopérations maritimes. »

Le ministre souligne aussi l’importance du processus de paix attendu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, estimant qu’il s’agit d’un « pas déterminant pour la stabilité régionale ».

« Tout cela est très positif. Le président Aliyev doit être félicité pour ses efforts, et nous sommes impatients d’approfondir encore notre coopération. Nous partageons les mêmes défis et les mêmes menaces ; nous devons y répondre ensemble, pour la stabilité non seulement de l’Azerbaïdjan et du Caucase du Sud, mais de l’ensemble de la région. »

Un partenariat aux implications régionales élargies « L’Azerbaïdjan est un pays clé, capable d’apporter une contribution significative face aux défis qui touchent non seulement le Caucase du Sud, mais également des régions plus larges. Le Royaume-Uni continuera à soutenir l’Azerbaïdjan dans l’intérêt de la stabilité régionale. »