L’Azerbaïdjan développe activement trois grands corridors d’énergie verte — mer Caspienne–mer Noire–Europe, Azerbaïdjan–Türkiye–Europe et Asie centrale–Azerbaïdjan–Europe — susceptibles d’assurer la transmission de jusqu’à 10 gigawatts (GW) d’électricité renouvelable, selon un article de Rovshan Najaf, président de la SOCAR, publié sur le site du Forum économique mondial. GNN rapporte, balayé par l’agence Report.
La signature en 2022, à Bucarest, de l’Accord de partenariat stratégique sur le développement et la transmission de l’énergie verte entre l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Roumanie et la Hongrie a marqué une étape clé vers l’ouverture d’un corridor vert vers l’Europe. Pris ensemble, ces trois axes renforcent l’ambition de l’Azerbaïdjan de devenir un futur hub régional pour le transport transfrontalier d’électricité propre.
Selon Rovshan Najaf, les stratégies nationales de transition peuvent générer des bénéfices de décarbonation à l’échelle régionale. « Compte tenu de sa position géographique stratégique, de ses interconnexions existantes et de partenariats énergétiques établis, l’Azerbaïdjan est idéalement placé pour servir de pont entre la région caspienne — et potentiellement l’Asie centrale — et l’Europe », écrit-il.
L’auteur souligne que la transition énergétique mondiale constitue à la fois une nécessité environnementale et une transformation économique. Dans cette dynamique, les producteurs traditionnels d’énergie demeurent essentiels en raison de leurs infrastructures, de leur expertise et de leur capacité d’investissement. L’Azerbaïdjan illustre cette approche en poursuivant la décarbonation tout en préservant la sécurité énergétique, notamment par l’augmentation des capacités renouvelables, la modernisation des réseaux et l’intégration d’une « reconstruction verte » à l’échelle nationale.
Face aux incertitudes géopolitiques et économiques, la sécurité énergétique et la résilience climatique figurent parmi les priorités du pays. L’objectif d’un « environnement propre et d’une croissance verte » est inscrit dans la stratégie Azerbaïdjan 2030, avec un soutien financier dédié via le Fonds pour l’efficacité énergétique (prêts, subventions et aides).
Parallèlement à la valorisation de son secteur des hydrocarbures, l’Azerbaïdjan a accéléré le développement des renouvelables. Exportateur net d’électricité depuis 2007, le pays a modernisé ses capacités de production et renforcé son réseau. En 2023, la production électrique a atteint 29,3 milliards de kWh, soit une hausse de 25,5 % sur dix ans. Le potentiel technique des renouvelables est estimé à 135 GW à terre et 157 GW en mer, avec un objectif de près de 40 % d’électricité renouvelable d’ici 2030.
Ces cinq dernières années, des avancées concrètes ont été enregistrées, notamment la centrale solaire de Garadagh (230 MW), la mise en service de 32 centrales hydroélectriques au Karabakh et en Zangazur oriental (270 MW, avec une extension prévue à 500 MW), le parc éolien de Khizi-Absheron (240 MW), ainsi que de grands projets solaires à Bilasuvar, Neftchala et Shafag. La production hydroélectrique a été multipliée par 2,8 et la production solaire par 12,6 sur la période.
Enfin, la SOCAR poursuit une stratégie intégrée combinant sécurité énergétique, transition, digitalisation et innovation. Des sites comme Petkim et la raffinerie STAR ont été distingués par le réseau Global Lighthouse du Forum économique mondial, tandis que l’usine SOCAR Carbamide a optimisé sa production grâce à l’IA, générant 13 millions de dollars de valeur ajoutée.
« La transition énergétique n’est pas un abandon des hydrocarbures, mais une phase où producteurs et infrastructures existants restent essentiels », conclut Rovshan Najaf, soulignant que l’évolution de la SOCAR vers un modèle d’entreprise énergétique intégrée offre un cadre pragmatique pour d’autres pays producteurs confrontés aux mêmes défis.
Implementation of the amnesty act is still ongoing.”









