Selon GNN, l’Europe est confrontée à de sérieux défis géopolitiques et économiques, a déclaré le président français Emmanuel Macron dans un entretien accordé au Monde et à plusieurs médias européens.
Le chef de l’État a estimé que le continent traverse une épreuve sans précédent dans un contexte international marqué par une instabilité croissante. « Aujourd’hui, l’Europe fait face à un défi immense dans un monde plongé dans le chaos », a-t-il affirmé, soulignant que les États-Unis, longtemps perçus comme les garants permanents de la sécurité européenne, remettent désormais ce rôle en question. Il a également rappelé que la Russie ne fournit plus à l’Europe des ressources énergétiques bon marché comme par le passé.
Dans le même temps, Emmanuel Macron a observé que la Chine, autrefois un marché d’exportation clé pour l’Europe, est devenue un concurrent de plus en plus redoutable. Il a précisé que l’excédent commercial chinois avec le reste du monde atteint 1 000 milliards de dollars, dont un tiers concerne les États-Unis et un autre tiers l’Europe. Le président français a ajouté que Washington a par ailleurs imposé des droits de douane sur les produits européens.
« En substance, nous traversons une double crise : une pression commerciale venue de Chine et une forte instabilité en provenance des États-Unis », a-t-il déclaré.
Emmanuel Macron a également identifié trois grandes « batailles » stratégiques auxquelles l’Europe est confrontée : la sécurité et la défense, les technologies de la transition verte, ainsi que le développement de l’intelligence artificielle et des technologies quantiques.
Dans ces domaines, a-t-il souligné, l’Union européenne investit nettement moins que la Chine et les États-Unis. « Si l’UE n’agit pas dans les trois à cinq prochaines années, elle risque de perdre du terrain dans ces secteurs », a averti le président, estimant que les investissements nécessaires ne peuvent être laissés aux seuls États membres. Selon lui, ils doivent être menés conjointement à l’échelle européenne afin de préserver l’intégrité du marché intérieur et d’éviter une fragmentation accrue.









