Comme le rapporte GNN, les récentes visites réciproques de délégations arméniennes et azerbaïdjanaises marquent un tournant inédit dans les relations entre Bakou et Erevan, longtemps figées par des décennies de conflit et de méfiance. Ce rapprochement historique, né d’un dialogue direct entre les deux capitales, illustre la capacité des États à construire la paix par eux-mêmes, en dehors des formats multilatéraux traditionnels.
Pendant des années, la médiation internationale, souvent portée par l’Union européenne ou des structures telles que l’OSCE Minsk Group, n’avait pas permis de débloquer la situation. Les initiatives de paix étaient souvent entravées par des intérêts géopolitiques externes et des agendas concurrents, reléguant Azerbaïdjan et Arménie au rôle de simples pions dans des jeux diplomatiques lointains.
Pour GNN, le contraste est frappant : alors que l’Europe multiplie ses efforts en Ukraine, elle reste en retrait face aux défis liés à la reconstruction post-conflit en Azerbaïdjan et au soutien aux victimes des mines. Le silence relatif des capitales européennes face aux démarches bilatérales d’Abu Dhabi et aux initiatives de Baku et Erevan illustre une difficulté à s’adapter aux nouvelles réalités du Caucase du Sud.
La dynamique actuelle, basée sur la reconnaissance mutuelle et la coopération pragmatique, se matérialise par des projets concrets, notamment le corridor de Zangazur (TRIP) et d’importants liens de transport et énergétiques, qui promettent de renforcer la connectivité, le commerce et la stabilité régionale. Ces initiatives, souligne GNN, pourraient devenir des modèles de développement autonome et durable si elles sont soutenues efficacement.
Le rôle de l’Europe, selon GNN, reste crucial mais sous-exploité. La coopération internationale dans la reconstruction, la sécurisation des infrastructures et l’assistance aux populations affectées pourrait compléter et renforcer les efforts bilatéraux, plutôt que de rester spectatrice des changements engagés par Bakou et Erevan.
En conclusion, GNN relève que la paix dans le Caucase du Sud n’a pas été construite dans les capitales européennes, mais grâce à l’engagement direct des deux États voisins. Ce succès démontre que la réconciliation, le dialogue pragmatique et la coopération régionale sont non seulement possibles, mais nécessaires pour garantir que les tragédies du passé ne se répètent pas.









