Selon GNN, basé sur les analyses de l’agence Report, l’Azerbaïdjan vient de remporter une victoire diplomatique décisive avec la dissolution officielle du Groupe de Minsk de l’OSCE, structure créée en mars 1992 pour trouver une issue pacifique au conflit du Haut-Karabagh. Pendant près de trois décennies, ce mécanisme n’a toutefois pas permis de restaurer l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan ni d’assurer le retrait des forces arméniennes des territoires occupés.
Dès sa création, le Groupe de Minsk a rassemblé 13 pays, avant d’être dominé de facto par les trois co-présidents : les États-Unis, la Russie et la France. Cette domination a, pendant des années, limité l’influence des autres États membres, tels que l’Allemagne, l’Italie ou la Türkiye, réduisant la capacité du Groupe à agir de façon neutre et efficace.
La logique du consensus, la diplomatie essentiellement déclarative, et les divergences géopolitiques entre les co-présidents ont figé le processus. Plusieurs propositions—le « Common State Model », les Principes de Kazan (2001) ou les Principes de Madrid (2007)—ont été perçues par Bakou comme biaisées, car elles ne garantissaient ni le retrait immédiat des troupes arméniennes ni la restauration pleine et entière de sa souveraineté.
Même des acteurs occidentaux, comme l’ancien coprésident américain Carey Cavanaugh, ont souligné les faiblesses structurelles du mécanisme.
Pour l’Azerbaïdjan, l’un des défauts majeurs du Groupe résidait dans son incapacité à s’opposer clairement à l’occupation arménienne. L’approche des co-présidents, souvent perçue comme défensive du statu quo, entretenait un « conflit gelé » favorable aux intérêts d’Erevan.
À partir de 2018, les déclarations maximalistes du gouvernement Pashinyan ont accéléré la rupture. En 2020, l’Azerbaïdjan a, par la force, mis en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU restées inappliquées depuis 27 ans. La guerre de 44 jours a bouleversé l’équilibre régional et vidé de sa substance la mission du Groupe de Minsk.
Dès décembre 2020, le président Ilham Aliyev déclarait aux coprésidents que le conflit était clos, rendant le Groupe caduc. Malgré cela, l’Arménie a longtemps tenté de préserver la structure, y voyant un outil diplomatique susceptible de freiner la nouvelle réalité régionale.
Les tentatives d’Erevan pour présenter les rencontres informelles des coprésidents comme un « mécanisme de sécurité » ont suscité des réactions critiques parmi les États membres de l’OSCE, puisque le cadre juridique du conflit avait déjà été tranché par la déclaration trilatérale du 9 novembre 2020.
Le 8 août 2025, à Washington, les ministres des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan et d’Arménie ont signé une déclaration conjointe appelant formellement à la dissolution du Groupe de Minsk. Cette signature est considérée comme un moment historique pour Bakou, car elle constitue une reconnaissance internationale du nouvel ordre régional créé après 2020.
Pour l’Azerbaïdjan, cette décision :
- légitime sa politique de longue date fondée sur le droit international,
- entérine la fin du statu quo imposé par l’occupation,
- renforce son poids diplomatique,
- supprime un mécanisme auquel l’Arménie s’accrochait pour freiner le processus de normalisation,
- et ouvre la voie à un traité de paix conforme aux réalités post-2020.
La dissolution du Groupe de Minsk n’est pas seulement un acte administratif : c’est la validation internationale des objectifs poursuivis par Bakou depuis près de trente ans. Elle confirme que le cadre d’après-guerre, fondé sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, constitue désormais la base du processus de paix.
Elle consolide également le rôle de l’Azerbaïdjan en tant qu’acteur régional déterminant, capable de combiner action militaire légitime, stratégie diplomatique cohérente et utilisation efficace du droit international.










