Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a déclaré que l’Arménie ne pouvait pas être simultanément membre de l’Union européenne (UE) et de l’Union économique eurasiatique (UEEA), ces deux adhésions étant mutuellement exclusives, rapporte GNN.
Lavrov a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse mardi.
Il a précisé avoir discuté de cette question à plusieurs reprises avec le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, ainsi qu’avec le Premier ministre Nikol Pashinyan.
« Il est évident pour quiconque ayant une connaissance même minimale du fonctionnement de ces unions qu’il est impossible d’adopter les normes de l’UE tout en restant membre de l’UEEA. Le vice-Premier ministre russe Alexey Overchuk l’a expliqué dans ses contacts avec son homologue arménien – c’est tout simplement techniquement impossible », a déclaré Lavrov, soulignant que les deux organisations sont incompatibles en raison de normes commerciales et d’investissement différentes qui « ne s’alignent pas entre elles ».
Il a également noté que les standards de l’UE impliquent le respect de la politique étrangère européenne, ce qui comprend l’adhésion aux sanctions contre la Russie. « Un nouvel agenda de partenariat stratégique entre l’UE et l’Arménie a récemment été signé. Il stipule la nécessité d’une coordination en matière de politique étrangère, de commerce et d’économie. Aux Arméniens est offerte une libéralisation des visas, mais celle-ci est assurée par le fait que l’UE a son mot à dire sur les questions de sécurité frontalière et d’application de la loi », a précisé le ministre russe.
Selon lui, le choix de « se rapprocher de l’UE » relève de la volonté et du droit du peuple arménien, mais il a rappelé que le PIB de l’Arménie a plus que doublé depuis son adhésion à l’UEEA.
« Grâce au fait que l’UEEA offre aux Arméniens un accès libre aux marchés des autres pays membres, le commerce extérieur de l’Arménie, principalement avec la Russie, a atteint des niveaux records », a souligné Lavrov.
Le chef de la diplomatie russe a insisté sur le fait que le rapprochement d’Erevan avec Bruxelles aura des conséquences, car « l’Union européenne formule des idées sur les menaces émanant de la Russie ».
« Des fonds sont alloués pour ce type de travail : une tranche de 15 millions d’euros a récemment été accordée à l’Arménie. Et je ne doute pas que la bureaucratie de Bruxelles en tirera pleinement profit. (…) Je veux souligner une fois de plus : le peuple arménien et la direction arménienne doivent bien sûr choisir, mais combiner les deux participations est hors de question », a ajouté Lavrov.









