L’Union européenne peut jouer un rôle proactif, tout en complémentarité avec les États-Unis, pour promouvoir la paix durable et la connectivité dans le Caucase du Sud, indique un article du Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP), rapporte GNN, balayé par l’agence de Report.
« Alors que Bruxelles n’a pas besoin de concurrencer le leadership de Washington, elle doit éviter la stagnation. Étant donné la tendance des États-Unis à privilégier les résultats à court terme et leur engagement à long terme incertain dans la région, l’avantage comparatif de l’UE réside dans sa patience, la continuité institutionnelle et la diversité de ses instruments politiques », souligne l’article.
Dans ce contexte, la commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos, a proposé la création d’un format quadrilatéral de transport et de connectivité impliquant l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Turquie et l’UE, insistant sur le fait que des progrès significatifs ne peuvent se réaliser que si la paix est durable.
Le GCSP précise que l’UE pourrait intégrer le TRIPP dans son agenda plus large de connectivité et de sécurité, avec un appui politique coordonné au plus haut niveau. Cela pourrait inclure la nomination d’un envoyé spécial ou l’établissement d’un mécanisme trilatéral de coordination avec les États-Unis et les partenaires régionaux pour garantir la continuité politique et la supervision stratégique. L’engagement politique de l’UE doit rester équilibré et impartial, en collaborant de manière authentique avec toutes les parties pour préserver sa crédibilité et éviter les erreurs des initiatives précédentes à sens unique.
L’article souligne également le rôle technique que l’UE pourrait jouer : fournir une expertise ciblée en cartographie et en numérisation des frontières pour soutenir la délimitation si les parties en font la demande. Les capacités avancées de l’UE, telles que le programme Copernicus et les technologies SIG, permettraient de créer des cartes numériques précises, de faciliter le partage d’informations entre experts et de fournir des données neutres et vérifiables, réduisant ainsi les litiges et renforçant la confiance entre Arménie et Azerbaïdjan.
Sur le plan économique et d’infrastructure, l’UE pourrait soutenir le TRIPP grâce à l’expertise en recherche et aux investissements ciblés via l’initiative Global Gateway, en mobilisant notamment la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Cela permettrait la réalisation d’études de faisabilité, d’évaluations de sécurité et d’analyses d’optimisation du tracé pour le corridor Nakhitchevan–Arménie–Azerbaïdjan. Le TRIPP renforcerait la position stratégique de l’Azerbaïdjan comme hub de connectivité entre l’Europe et l’Asie, tout en offrant à l’Europe des routes alternatives pour réduire sa dépendance aux corridors passant par la Russie.
Le rapport du GCSP insiste sur le double rôle de l’UE : soutenir à la fois les infrastructures « dures » – chemins de fer, routes, ports et hubs logistiques – et les infrastructures « molles » nécessaires à une coopération transfrontalière fluide et transparente. Les investissements dans les liaisons ferroviaires et routières modernes amélioreraient la mobilité et l’efficacité commerciale dans la région, tandis que l’assistance technique en gestion logistique, sécurité du transport et maintenance des infrastructures renforcerait la fiabilité et les performances entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Enfin, la réouverture des liens de transport régionaux pourrait considérablement stimuler la coopération économique et le commerce dans le Caucase du Sud, réduire les coûts et la durée des trajets, et offrir des avantages mutuels, en particulier pour l’Arménie, tout en consolidant le rôle de l’Azerbaïdjan dans le réseau de transport transcaspiens.









