L’Azerbaïdjan intensifie son dialogue avec les institutions financières internationales de développement, qu’il considère comme un levier pour accélérer la diversification économique et la mise en œuvre de grands projets d’infrastructure. Dans ce contexte, les discussions autour d’une éventuelle adhésion du pays à la Banque eurasienne de développement (BDE) – une institution spécialisée dans le financement de projets transfrontaliers, de la logistique de transport, de l’énergie et de la croissance durable – prennent une dimension de plus en plus concrète.
Le président du directoire de la Banque eurasienne de développement, Nikolai Podgouzov, a accordé un entretien à Report dans lequel il évoque l’état actuel du dialogue avec Bakou, les secteurs de l’économie azerbaïdjanaise présentant un intérêt pour la Banque, ainsi que les perspectives de projets régionaux conjoints.
— Des consultations concrètes sont-elles en cours concernant une éventuelle adhésion de l’Azerbaïdjan à la Banque eurasienne de développement ? À quel stade se situe ce dialogue et existe-t-il des estimations préliminaires quant au calendrier ou à la procédure d’adhésion ?
— Oui, un tel dialogue est bel et bien en cours. Nous nous sommes rendus en Azerbaïdjan en 2025 et, à ma connaissance, certaines informations à ce sujet ont déjà été rendues publiques. Nous avons rencontré des représentants des ministères des Finances et de l’Économie. À la suite de ces échanges, le ministère de l’Économie a, si je comprends bien, préparé une note correspondante à l’attention du gouvernement. J’estime que le principe d’une adhésion potentielle de l’Azerbaïdjan à la BDE a reçu un soutien.
Il est évident que certaines procédures internes d’approbation restent nécessaires, et nous attendons patiemment leur aboutissement du côté des pays actionnaires. Dans l’ensemble, il existe un soutien total à l’adhésion de l’Azerbaïdjan à la Banque. Il m’est toutefois difficile de prédire un calendrier précis. À titre d’exemple, pour l’Ouzbékistan, bien que la décision ait été prise en 2025, le processus avait débuté dès la fin de 2021 ou le début de 2022 et a duré environ trois ans.
J’espère que cette fois-ci le processus sera plus rapide, d’autant plus que la Banque ne s’est pas élargie depuis 2011. Dans ces conditions, les nouveaux pays candidats peuvent avancer de manière plus efficace. J’espère sincèrement que cela se concrétisera en 2026, même s’il est impossible de fournir des garanties fermes à ce stade.
D’une manière générale, la stratégie de la Banque correspond étroitement aux priorités de l’Azerbaïdjan, tant en matière de développement des infrastructures de transport et de logistique que de sécurité alimentaire et d’autres secteurs clés.
— Quels secteurs de l’économie azerbaïdjanaise présentent le plus grand intérêt pour la BDE ? Des négociations sont-elles en cours sur des projets concrets, notamment dans les domaines du transport, de l’énergie, de l’agro-industrie ou des technologies numériques ?
— L’Azerbaïdjan dispose, de toute évidence, de revenus importants issus du secteur pétrolier et gazier. Dans le même temps, le pays est confronté au défi de la diversification économique et de la consolidation d’une croissance plus durable par le développement d’autres secteurs. Nous sommes tout à fait en mesure de faciliter ce type d’investissements.
Nous avons notamment rencontré des représentants du holding AZCON, récemment créé, qui manifeste un fort intérêt pour des projets dans les télécommunications et le transport. Nous sommes ouverts à des discussions approfondies sur des initiatives concrètes dans ces domaines. Par ailleurs, Bakou développe activement et de manière dynamique ses infrastructures, et nous pourrions également jouer un rôle significatif dans des projets d’infrastructures urbaines. Les axes potentiels de coopération sont donc nombreux.
— Quelles perspectives voyez-vous pour le financement de projets d’infrastructures transfrontaliers impliquant l’Azerbaïdjan et ses partenaires régionaux ?
— Dès sa création, la Banque s’est concentrée sur la mise en œuvre de projets transfrontaliers. À mon sens, ce type d’initiatives, menées avec le soutien de banques internationales de développement, contribue avant tout à la restauration et au renforcement de liens économiques qui ont pu être affaiblis au cours de périodes précédentes. Nous sommes pleinement disposés à participer à de tels projets et à soutenir les domaines traditionnels de coopération économique.
Compte tenu du fait que les fondateurs de la Banque sont la Russie et le Kazakhstan, et que l’Arménie y participe activement, des projets très prometteurs peuvent être mis en œuvre dans la région du bassin caspien. Le potentiel d’initiatives d’investissement y est réellement considérable.









